France

[France][bsummary]

Europe

[Europe][bsummary]

International

[International][bsummary]

SCI-TECH

[SCI-TECH][bigposts]

Faits divers

[Faits divers][twocolumns]

Les logiciels bloqueurs de pub tuent le Web et les sites indépendants !


Hold-up, le documentaire qui met en lumière le symptôme d'un divorce

Le succès du documentaire de Pierre Barnérias décryptant la gestion du coronavirus a suscité au sein du monde politico-médiatique une dénonciation unanime du complotisme et de ses adeptes. Sans que les accusateurs cherchent à comprendre les ressorts profonds du phénomène.

Hold-up, le documentaire qui met en lumière le symptôme d'un divorce

Par : Cyril de Beketch | valeursactuelles.com

Ceux qui souffrent et qui perdent sont toujours un objet de mépris, disait l'écrivain polonais Adolf Rudnicki. Une sentence illustrée ces jours derniers par le traitement réservé à Hold-up, le documentaire “polémique” de Pierre Barnérias, selon la phraséologie à la mode.

Que dit Hold-up ? Que l'exécutif a été inefficace face à la crise du coronavirus et que son incurie, faite d'impréparation, de mensonges, de choix partisans, a coûté des vies. Il affirme aussi - c'est plus discutable - qu'il y aurait une main derrière la pandémie. Une accusation maladroitement mise en scène, étayée de petits arrangements avec la vérité qui arment la foule des détracteurs du film.

Mais l'important n'est pas là. C'est le phénomène né autour du film qui en dit le plus sur les défiances de nos contemporains.

Au-delà de l'“effet Streisand”, processus par lequel la censure d'une information contribue à en faire la promotion, le succès du film témoigne des vieilles angoisses qui ont toujours taraudé les populations en temps de crise sanitaire. Fin 1918, en pleine pandémie de grippe espagnole, à Londres, le Times regrettait que l'on ne sache pas à qui attribuer « la responsabilité de la santé de la population » ; aux États-Unis, le New York Times se désolait « que la science ait failli à son devoir de protection à notre endroit » . Pendant ce temps-là, en France, alors que nous comptions 1 500 morts par semaine dans les hôpitaux de la capitale, le quotidien du soir le Petit Parisien n'évoquait le sujet que sous la forme d'un écho de quelques lignes. Une censure d'État et bientôt les ferments de la défiance du pays face à une science incapable de circonscrire la grippe alors qu'elle venait de se montrer toute-puissante dans son ouvrage de mort sur les champs de bataille de la Grande Guerre.

Les ressorts de la crise de confiance sont les mêmes aujourd'hui. La faillite des “sciences”, y compris et surtout politiques, est maquillée par une presse qui peut se muer en organe d'État au nom de la sauvegarde des “valeurs de la République” et contre la sédition. Des médias et des politiques à la fois joueurs et arbitres dans la chasse aux fake news. Procureurs dressés contre les mouvements populaires tels que la “manif pour tous” et les “gilets jaunes”, prêts à valider un mensonge sur l'insécurité, le vivre-ensemble, l'immigration, ou à soutenir une décision sanitaire imbécile… tout cela au nom de la raison d'État.

Au nombre des 3 millions de spectateurs de Hold-up, il y a « ceux qui souffrent et qui perdent », les « sans-dents » et « ceux qui ne sont rien ». En somme, la France des ronds-points. Convaincus ou pas, adhérant à la thèse du complot par défi, défiance ou conviction, mais pas forcément par bêtise, comme l'avancent les relais de la caste légale qui, par suffisance, jettent ici encore de l'huile sur le feu.

« Il n'y a point de dette sitôt payée que le mépris », dit le proverbe. Ceux qui aujourd'hui renvoient Hold-up aux poubelles de l'information, sans réaliser que leur condescendance résonne comme la réponse du préfet Lallement à une “gilet jaune” - « Nous ne sommes pas dans le même camp, madame » -, n'insultent pas seulement de nombreux Français. Ils insultent l'avenir.

* Cyril de Beketch est directeur délégué de la rédaction de “Valeurs actuelles”. […]



Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à 01CNews.fr ®