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Calais (62) : la mairie rase les bois où se cachent les migrants

La mairie de Calais a lancé une série de déboisements le long des routes et dans les zones de promenade, où les exilés ont l’habitude de camper. Elle empêche ainsi les migrants de s’installer et les repousse toujours plus loin de la frontière franco-anglaise. « On est frappé, gazé et maintenant traqué dans les bois », enrage un Soudanais.

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Par : Romane Lizée pour Reporterre.net

Perché sur la crête d’un talus, entre deux arbres, Manuel déploie péniblement une bâche pour recouvrir sa tente. Ce Soudanais de 26 ans se cache ici depuis une semaine. Pour se protéger du sol humide, il a installé son abri sur un bout de carton déplié. Sous un toit de branches nues, plongé dans un épais brouillard, Manuel est à peine visible. « J’ai essayé de trouver un coin où la police ne pourra pas me voir », explique-t-il, en enfonçant un bonnet sur sa tête. Comme quelques centaines d’autres exilés depuis le premier confinement, il s’est réfugié dans les bois situés derrière le Fort Nieulay. Ce site touristique du littoral de l’agglomération de Calais est un point stratégique pour les passages clandestins. Et un lieu à évacuer pour la préfecture.

Le 13 novembre dernier, des CRS ont embarqué Manuel et 170 autres personnes vers des centres d’accueil et d’examen de la situation (CAES). À leur retour, quatre jours plus tard, le paysage du Fort avait bien changé. « Là où je dormais, tout a été rasé , s’étonne encore le jeune homme. La police a lacéré ma tente à coups de couteau et a pris mon sac à dos. C’était déjà assez difficile comme ça. Maintenant ils vont déforester, juste pour nous éloigner ? »

En son absence, les agents des services jardin de Calais ont, à la demande de l’État, abattu des centaines d’arbres et arbustes. Un peu partout, ils se sont appliqués à faire disparaître la végétation basse au pied des troncs. « Avant, les branches formaient des alcôves au-dessus des chemins. J’ai vu tomber des arbres qui étaient là depuis mon emménagement », regrette Gilles Lefevre, qui habite le quartier depuis plus de vingt ans. De certains bosquets verdoyants du Fort Nieulay ne restent aujourd’hui que des monticules de copeaux et les traces d’une brusque évacuation : des valises défoncées, des chaussures gorgées d’eau, des sacs de couchage éventrés.

« Le déboisement vise clairement à dissuader les exilés de s’installer », affirme François Guennoc, vice-président de l’Auberge des Migrants. Il doit permettre d’« éviter d’avoir des campements non visibles », rétorque Philippe Mignonet, adjoint à l’environnement et à la sécurité de la mairie de Calais, dans un article de La Voix du Nord. À Paris, on tendrait à invisibiliser les campements, mais à Calais, on cherche plutôt à les rendre apparents.

François Gemenne, chercheur à l’Université de Liège et spécialiste des migrations, y voit « une opération de communication » de la part des élus du Calaisis, qui « se sentent abandonnés par l’État » et qui chercheraient donc à « exposer le problème ». Mais le déboisement s’ajoute aussi à la longue liste des dispositifs de chasse à l’homme déjà mis en place par la ville portuaire. Une fois nue, la forêt, lieu de refuge par excellence, devient « un piège, un espace panoptique pour les personnes en fuite », analyse Dénètem Touam Bona, philosophe et auteur de Fugitif, Où cours-tu ? (PUF, 2016). Samedi 28 novembre, la mairie de Calais a d’ailleurs annoncé l’installation de six caméras de vidéosurveillance dans les environs du

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