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[Guillaume Bigot] Macron, l’immigration et la tenaille identitaire

Selon notre chroniqueur Guillaume Bigot, la tenaille identitaire qui broie la France existe, mais de la chaîne américaine CBS à Montpellier c’est Emmanuel Macron qui la tient.

[Bigot] Macron, l’immigration et la tenaille identitaire

Par : Guillaume Bigot / valeursactuelles.com

Cette semaine, deux vidéos d’Emmanuel Macron, abondement diffusées sur les réseaux sociaux, illustrent le risque de dislocation de notre nation. Dans une première séquence, répondant aux questions de la chaîne américaine CBS, le chef de l’État explique que la France doit déconstruire son histoire. Dans d’autres images, tournées dans la banlieue de Montpellier, le président de la République dialogue avec une femme voilée. Cette mère de famille se plaint à Emmanuel Macron du manque de mixité de son quartier. Elle regrette que son fils peine à croire que le prénom Pierre existe ailleurs que dans les livres. Le terme qu’elle emploie, celui de mixité, trahit un double déni : celui de la nécessité et de l’impossibilité de l’assimilation.

Certains commentateurs se sont empressés d’en conclure que cette maman déplorait le manque de mixité… sociale. Pourtant, elle n’a pas demandé plus de gens aisés dans son quartier. S’agit-il d’ailleurs de mixité au sens d’une insuffisante diversité ethnique ou confessionnelle ? Pas davantage. En réalité, cette Montpelliéraine d’adoption ne s’est pas plainte que son fils ne fréquente pas suffisamment de Peter, de Piotr ou de Pietro. Elle a dit regretter qu’il ne sache pas que Pierre, c’est-à-dire un prénom typiquement français, soit réellement usité. Ce n’est donc pas la diversité qu’elle réclame mais la possibilité pour ses enfants de s’assimiler à la majorité. Une partie non diffusée de l’interview, où cette dame explique avoir inscrit son aîné dans une école confessionnelle, achève d’éclairer la nature de sa demande.

Une réaction sensée qui trahit le besoin d’assimilation mais qui éclaire aussi son mécanisme. L’assimilation est un processus naturel qui s’opère chez les enfants immigrés et grâce aux enfants locaux. Seuls les enfants du pays d’arrivée peuvent assimiler leurs petits camarades venus d’ailleurs. Pour que l’osmose se produise, les enfants indigènes doivent être majoritaires dans les classes. Les petits Mohamed ne peuvent assimiler les petites Yassine. Entre 1982 et 2017, à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, la proportion d’enfants immigrés ou issus de l’immigration est passée de 37 à 82 %. Le moule à fabriquer des Français s’est brisé. Pour que l’assimilation réussisse, il faut qu’une seconde condition soit réunie : que les nouveaux arrivants aient envie de s’assimiler. Comme le rappelle Malika Sorel (Décompositions françaises, Fayard), au début du siècle dernier, un tiers des travailleurs immigrés italiens est reparti au pays.

Or, cette femme qui interpelle le chef de l’État incarne un formidable paradoxe : elle explique être arrivée dans l’Hexagone à l’âge de sept ans et avoir bénéficié de cette fameuse mixité (en fait une uniformité salutaire) au sein de l’école de la République. Pourtant, elle ne semble pas avoir saisi cette chance puisqu’elle porte un hidjab. Elle aurait pu s’assimiler mais a choisi se tourner vers un islam sans doute bien plus rigoriste que celui que ses parents observaient en terre musulmane. Regretter que les parents de petit Pierre s’éloignent de son quartier alors qu’elle-même s’est éloignée des mœurs françaises relève de l’injonction paradoxale, voire de la provocation. Elle reproche aux Français de ne pas vouloir faire société avec elle dans un quartier où la pression sociale d’une contre-société islamique s’exerce. Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, écrivait déjà Bossuet.

En adepte de la pensée complexe, Emmanuel Macron veut sûrement « déconstruire » pour mieux bâtir une histoire commune avec les nouveaux arrivés.

Le géographe Christophe Guilluy explique que dans ces quartiers, les non musulmans ont perdu « la guerre des yeux ». L’islam radical s’y sent chez lui, en terrain conquis. Cet intégrisme n’a nul besoin d’exercer la force. La pression sociale exercée par des us et coutumes, devenus majoritaires, suffit à l’imposer comme norme. Les Français, qui ne se reconnaissent plus chez eux dans des quartiers qui ressemblent plus à Tunis qu’à Orléans, éprouvent cette sensation décrite par Edgar Quinet : Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays, c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer.» La responsabilité des nouveaux venus, celle des trafiquants et des islamistes mais aussi celle des immigrants qui sont de plus en plus rares à adopter un prénom du calendrier, est incontestable. Mais la responsabilité des dirigeants français est écrasante. Pour que l’assimilation fonctionne, les nouveaux venus doivent y consentir mais il faut aussi que les habitants historiques l’imposent. C’est ici que nous retrouvons le président de la République dans l’autre vidéo.

On y entend le chef de l’État regretter que la France ne se soit pas assez engagé dans la voie de la repentance mémorielle afin de gommer le racisme car, dit-il, nous avons un passé colonial. Pour se rendre aimable auprès des nouveau venus, dont il explique, à juste titre, qu’ils sont souvent issus d’anciennes colonies françaises, le président suggère que la France aille encore plus loin dans la détestation d’elle-même. Personne ne veut expurger nos manuels des passages peu reluisants de l’histoire coloniale mais il suffit d’ouvrir un livre scolaire pour constater que ces épisodes sont largement abordés et que la colonisation y est, essentiellement, présentée comme une pure sujétion, ce qui relève déjà d’une totale ineptie.

Apparemment, pour notre président, c’est encore insuffisant. Il faudrait apprendre aux jeunes Français, issus des pays colonisés, que leur patrie s’est comportée en marâtre, dominatrice et abjecte, à l’égard de leurs ancêtres. Le « président philosophe » voudra sans doute conserver les aspects les plus flamboyants de notre histoire tout en mettant davantage en exergue ses aspects les plus sombres. En adepte de la pensée complexe, Emmanuel Macron veut sûrement « déconstruire » pour mieux bâtir une histoire commune avec les nouveaux arrivés. Il est en tous les cas très clair que le président n’exprime aucune volonté assimilatrice mais qu’il exprime un souhait de contrition et d’adaptation des authentiques indigènes de la République à l’égard des allogènes.

En revanche, le locataire de l’Élysée illustre le mécanisme spontané voire inconscient d’acculturation d’une culture dominée (la culture française) à l’égard d’une culture dominante (la culture américaine). Dans ses propos, on entend l’envie de s’adapter, de se mettre à l’école d’un modèle. Bref, on comprend comment la transformation des idées et des valeurs peut opérer au contact d’une autre culture que l’on admire. Mais on n’imite que ce l’on perçoit comme meilleur, voire supérieur. Ce qu’Emmanuel Macron trouve admirable en Amérique, c’est sa capacité de repentance à l’égard de l’esclavage ou des minorités et qu’il veut transposer à la France. Ce double déni d’assimilation de la base et du sommet met au jour l’existence d’une véritable tenaille identitaire qui est en train de broyer la France comme État-nation : celle d’une classe dirigeante qui veut déconstruire la France et celle d’une immigration qui refuse de lui prêter allégeance. […]



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