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Bretagne : Quelle place pour la bio dans la première région agricole de France ?

Reporté d’un an, le congrès mondial de la bio s’ouvre ce lundi à Rennes

Image d'illustration

Par : Jérôme Gicquel / 20minutes.fr

  1. La Bretagne accueille à partir de ce lundi le congrès mondial de la bio.
  2. Dans la première région agricole de France, l’agriculture bio gagne du terrain.
  3. Malgré une bonne dynamique, il reste encore des freins à son essor.

Quel avenir pour l’agriculture bretonne ? Dans la première région agricole de France, le sujet divise. Il a même été au cœur des débats lors des dernières élections régionales. Car depuis quelques années, le modèle productiviste vers lequel s’était tourné la Bretagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale vacille. Critiquée de toutes parts pour son impact sur l’environnement et le bien-être animal, l’agriculture bretonne se sait donc à un tournant. André Sergent, président de la Chambre régionale d’agriculture, reconnaît d’ailleurs que la Bretagne va devoir « produire moins », et donc mieux à l’avenir. Pour devenir « leader du bien manger en Europe », comme le souhaite son président Loïg Chesnais-Girard, la région veut accélérer son virage agroécologique avec des méthodes de production plus respectueuses de l’environnement.

Cela passe notamment par le développement de l’agriculture bio. Dans ce domaine, la Bretagne, qui accueille à partir de ce lundi le congrès mondial de la bio (lire encadré), n’est pourtant pas à la traîne. Selon les chiffres de la Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne, elle se classe au sixième rang des régions françaises en nombre de fermes bio qui ont triplé en dix ans. Elle est même la première région productrice de lait, de légumes et d’œufs bio. « La dynamique est forte en Bretagne avec de plus en plus d’agriculteurs qui souhaitent s’installer ou se convertir en bio », se félicite Arnaud Lécuyer, vice-président chargé de l’agriculture à la région.

« Il nous faut des prix rémunérateurs »

Alors que le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 % de fermes en agroécologie à l’horizon 2040, il reste toutefois encore beaucoup d’efforts à faire, selon Charlotte Kerglonou. « L’agriculture bio gagne du terrain et c’est très bien mais cela reste encore trop timide par rapport à l’urgence environnementale, estime la porte-parole de la Confédération paysanne en Ille-et-Vilaine, qui produit du lait bio à Essé. On subventionne encore beaucoup trop l’agriculture intensive en privilégiant les grosses fermes plutôt que les petites ». A la région, on s’inquiète aussi des conséquences de la réforme de la politique agricole commune (PAC), qui doit entrer en vigueur en 2023. Gestionnaire des aides au bio jusqu’à présent, la région va en effet perdre la main sur certaines subventions de l’Union européenne au profit de l’État. « Il y a un risque à ce que la dynamique soit freinée et que des agriculteurs hésitent à se lancer », estime l’élu.

La question des débouchés peut aussi en faire réfléchir certains. « On ne se lance pas dans la bio simplement par idéologie, indique Loïc Guines, président de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine et éleveur laitier en bio. Il faut aussi que notre métier nous fasse vivre avec des prix rémunérateurs. » Sur ce point, Charlotte Kerglonou estime d’ailleurs que l’État n’agit pas assez. « On est sur un marché très libéral avec aucun outil pour réguler les prix », dénonce-t-elle.

Du bio oui mais aussi du conventionnel

Longtemps à la traîne, les collectivités semblent quant à elles enfin décidées à jouer le jeu et à soutenir les filières biologiques locales. Cela se voit notamment dans les cantines scolaires où la part de produits bio ne cesse de progresser dans les assiettes. « La commande publique doit permettre à l’agriculture bio de se développer à plus grande échelle », souligne Ludovic Brossard, élu chargé de l’alimentation durable à la ville de Rennes.

Si la part du bio est amenée à progresser dans les prochaines années dans la région, la Bretagne ne veut pas pour autant tirer un trait sur son agriculture conventionnelle. « Nous resterons une terre d’élevage avec une agriculture qui continue d’exporter », assure André Sergent. Dans la région, où l’agriculture est un sujet clivant, la profession veut également jouer la carte de l’unité. « Il n’y a pas l’agriculture bio d’un côté et la conventionnelle de l’autre, indique Loïc Guines. Ce n’est pas en se divisant que l’on réussira. »


(SOURCE) : 20minutes.fr LIRE L'ARTICLE COMPLET



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