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Condamnation à mort de séparatistes au Cameroun: «Un message fort de la justice aux terroristes»

Un tribunal militaire dans le sud-ouest du Cameroun a condamné à mort des séparatistes qui avaient attaqué une école, en tuant plusieurs élèves en octobre 2020. Ils ont été reconnus coupables de «meurtre, terrorisme, hostilité à la patrie, sécession». Selon certains observateurs, la justice devait envoyer un message de fermeté aux groupes armés.

Image d'illustration

Par : Anicet Simo / fr.sputniknews.com

Le verdict est tombé le 7 septembre dans l’affaire de la tuerie des écoliers de Kumba, dans le sud-ouest du Cameroun, en proie à une violente crise séparatiste. Le tribunal militaire de Buea, capitale régionale, a condamné à mort en première instance quatre membres appartenant au mouvement séparatiste qui avaient attaqué une école, y tuant sept élèves en octobre 2020.

D’après le verdict du tribunal militaire, les séparatistes ont été reconnus coupable de «terrorisme, hostilité à la patrie, sécession, insurrection, meurtre et possession illégale d’armes à feu».

Les avocats de la défense disposent de 30 jours pour contester ce jugement auprès de la Cour de cassation. Bien qu’aucune exécution n’ait été enregistrée au Cameroun depuis 1997, le droit camerounais prévoit la peine de mort et les tribunaux continuent à prononcer cette peine.

L’annonce de ce verdict a été saluée par de nombreux internautes comme une victoire de la justice sur l’horreur.

«Le devoir d'envoyer des signaux forts»

Le 24 octobre 2020, une dizaine d’assaillants faisant partie, selon Yaoundé, de groupes armés séparatistes, a fait irruption dans le collège Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba, une localité du Sud-Ouest anglophone. Les assaillants ont ouvert le feu et attaqué également à la machette des élèves âgés de 9 à 12 ans, faisant sept morts et plusieurs blessés. Le drame avait choqué et suscité de nombreuses réactions dans le pays et au-delà, jetant le discrédit sur la cause séparatiste.

Pour David Eboutou, analyste politique et consultant pour un groupe de presse au Cameroun, ce verdict «est un message fort à l'endroit des autres terroristes qui continuent de causer la mort dans les zones anglophones du Cameroun».

«Il s'agissait clairement de leur faire comprendre que l'État n'entend pas plier face à leur chantage et compte aller jusqu'au bout pour restaurer la paix dans ces régions. Il n'y a pas de paix sans justice et celle-ci a le devoir d'envoyer des signaux forts à ceux qui entretiennent la terreur et qui sèment la mort dans notre pays aujourd'hui», martèle-t-il au micro de Sputnik.

Il s’agit, poursuit David Eboutou, «d’un message de fermeté et de refus de toute forme de compromis face à des groupes terroristes qui n'ont aucune limite dans leur barbarie et qui ont démontré par l'assassinat de petits enfants en pleine classe qu'ils ne peuvent comprendre à leur tour que le langage de la force».

Si l'attaque de Kumba n'a pas été revendiquée, le boycott des écoles fait bien partie de la stratégie des séparatistes. Depuis le début de ce conflit, les milices continuent de lutter contre la reprise des cours dans ces deux régions du Cameroun. On y a très souvent enregistré des offensives contre les établissements scolaires restés ouverts et des prises d’otages.

Pour rappel, fin 2017, les séparatistes des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont pris les armes contre le gouvernement de Yaoundé pour réclamer la création d’un État indépendant. Les tensions avaient commencé en novembre 2016 sous la forme de revendications corporatistes: des enseignants déploraient la nomination de francophones dans les régions anglophones et des juristes désapprouvaient la suprématie du droit romain au détriment de la Common Law anglo-saxonne. Dans cette partie du Cameroun où vit la majorité des anglophones du pays, l’armée et les groupes séparatistes s’affrontent quasi quotidiennement, prenant en tenaille les civils, victimes collatérales d’exactions des deux camps. Selon le dernier rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) publié en février 2021, ce conflit a déjà fait plus de 3.500 morts (civils et militaires) et poussé plus de 700.000 personnes à abandonner leur foyer.



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