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Covid-19 : L’obligation vaccinale des soignants risque-t-elle de désorganiser les hôpitaux, cliniques et Ehpad ?

Alors que l’on manque d’infirmières et d’aides-soignantes, l’obligation vaccinale, qui prend effet mercredi, pourrait susciter de nouveaux départs ou suspensions

Image d'illustration

Par : Oihana Gabriel / 20minutes.fr

L’ESSENTIEL

  1. On sait les hôpitaux et les Ehpad en manque de personnels soignants, d’autant que certains ont démissionné depuis la crise sanitaire.
  2. Or, une partie d’entre eux s’oppose à l’obligation vaccinale, comme le montrent certains cortèges des manifestations le samedi. Une mesure qui prendra effet ce mercredi.
  3. Pour autant, les difficultés liées à des suspensions de contrats, dans un contexte où il est difficile de remplacer certains postes, devraient rester limitées, selon les syndicats et patrons de grands groupes d’hôpitaux,

Un coup de bambou pour un système de santé déjà au bord du gouffre ? Le couperet tombe demain. A partir de mercredi, aucun soignant, personnel employé par un hôpital, une clinique, un Ehpad, ne pourra venir travailler sans apporter la preuve qu’il a reçu au moins une dose d’un vaccin anti-Covid-19. Concrètement, il verra son contrat et sa rémunération suspendus (mais ne peut pas être licencié). Sauf pour les soignants infectés depuis moins de trois mois ou qui ont une contre-indication médicale.

Une obligation vaccinale qui risque de crisper encore plus des soignants déjà malmenés par des mois de lutte contre le coronavirus. Depuis des semaines, les établissements de santé et les Ehpad s’organisent pour éviter que cette deadline ne rime avec suspensions de contrat, et donc difficultés pour assurer les soins.

Des chiffres élevés de vaccinés

Si certains prennent la parole ou battent le pavé pour dire leur opposition, leur frustration, leur décision de quitter leur emploi afin d’éviter la case vaccination, en réalité, les directeurs d’hôpitaux et d’Ehpad ne craignent pas une hémorragie. Selon Santé publique France, au 7 septembre, 83,9 % des professionnels de santé étaient totalement vaccinés en Ehpad ou USLD, 84,1 % des personnels soignants salariés en établissements de santé, et 91,1 % des professionnels libéraux. Selon Martin Hirsch, directeur de l’ Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), interrogé sur France Info lundi matin, plus de 95 % des personnels des 39 hôpitaux franciliens sont déjà vaccinés.

A Marseille, pourtant connue pour sa faible couverture vaccinale, l’heure n’est pas non plus à la panique généralisée. « Entre 87 et 90 % des personnels sont vaccinés, nous assure Pierre Pinzelli, secrétaire général de l’ Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. » Lui regrette que certains se focalisent sur les quelques personnels soignants qui s’opposent frontalement à la vaccination. « On ne parle pas de l’immense majorité qui s’était fait vacciner avant l’obligation et qui ont continué. »

Des rendez-vous supplémentaires les 13 et 14

Il n’empêche, l’AP-HM a anticipé pour éviter que le 15 au matin, il devienne impossible de gérer les plannings. Elle a proposé à ceux qui le souhaitent des entretiens individuels, des entrevues avec un virologue, des réunions en présentiel ou des web-conférences pour mieux expliquer que la vaccination protège le soignant, son entourage, ses patients. Et que l’hôpital est obligé de vérifier que tous ses salariés se sont conformés à la loi , sous peine d’amendes. C’est en effet à l’employeur de donner les preuves que ses salariés sont vaccinés. Et ce sera ensuite à l’Agence régionale de santé d’organiser des contrôles. « J’ai écrit à 2.700 personnels pour lesquels nous n’avions pas d’information précise sur leur vaccination, pour éviter de se retrouver avec des suspensions de contrat », reprend Pierre Pinzelli.

Par ailleurs, l’AP-HM propose à tous ses personnels de se faire vacciner sans rendez-vous. « Nous avons renforcé les lignes de vaccination avec des capacités supplémentaires et des horaires élargis le 13 et le 14 septembre, car certains nous ont dit qu’ils le feraient le plus tard possible, reprend Pierre Pinzelli. Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été vacciné parce qu’il n’a pas pu le faire ! »

« Même s’il y a peu de suspensions, ce sera toujours trop »

Mais il reste des interrogations. « Même s’il y a peu de suspensions, ce sera toujours trop, reconnaît-il. Nous avons identifié une dizaine de services hospitaliers (sur 240) pour lesquels nous travaillons spécifiquement pour assurer le maintien des soins. » Notamment en embauchant des renforts ou en réorganisant les services pour assurer les opérations prévues ou en urgence… Quitte à proposer moins de consultations. « C’est de la dentelle et ça change en permanence, souffle Pierre Pinzelli. Et ça continuera à bouger après le 15. » Car tout soignant qui se fait finalement vacciner pourra retrouver son poste.

L’autre risque, c’est que certains soignants, ayant anticipé l’obligation vaccinale, aient demandé une disponibilité ou posé leur démission. Martin Hirsch a reconnu sur France Info que « quelques personnes, soignants et non soignants, m’ont présenté leur démission ». Et que cette rentrée est déjà marquée par un manque d’infirmières. Du côté de l’AP-HM, « il n’y a pas de mouvement significatif de départs, on est sur les moyennes habituelles, rassure Pierre Pinzelli. En revanche, pour les arrêts maladie, on est sur un taux élevé, mais c’est le cas depuis le début de l’épidémie. »

Davantage d’inquiétudes du côté des Ehpad

Si du côté des hôpitaux, les risques semblent donc plutôt maîtrisés, l’inquiétude pointe du côté de la dépendance. Un secteur où le sous-effectif est chronique est connu… « Il va rester peut-être 5 à 10 % de non vaccinés, parmi lesquels des infirmiers et aides-soignants, que nous avons du mal à recruter, regrette Pascal Champvert, président de l’ Association des Directeurs au service des Personnes Agées (AD-PA). Et en plus, les infirmières sont mobilisés dans les centres de vaccination parce que la rémunération est meilleure. »

Pour lui, aucun doute, certains établissements vont avoir du mal à tourner même avec seulement un ou deux salariés en moins. « Il faut que l’État nous dise ce qu’il prévoit pour ces établissements ».

« Il y a des disparités, certains établissements atteignent 100 % de vaccinés quand d’autres plafonnent à 80 %, confirme Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat National des Établissements & Résidences Privés et Services d’Aide à Domicile pour Personnes Âgées (Synerpa). Il va y avoir des tensions RH à certains endroits ». Le Syndicat craint également un rebond des arrêts maladie. « La hausse des arrêts maladie, on la constate sur le terrain, reprend-elle. Certains soignants invoquent le vaccin directement. Mais les arrêts maladie de complaisance, cela reste rarissime ! »

Pour elle, les difficultés devraient rester limitées… Du moins en métropole. « Quand on est à 2 % d’effectifs manquants, c’est ennuyeux, mais pas jusqu’à revoir la règle [de l’obligation vaccinale]. En revanche, on réfléchit à demander une dérogation pour la Martinique et la Guadeloupe. On est en dessous des 50 %. Là, la qualité de service peut être remise en cause. » Olivier Véran avait d’ailleurs, fin août, octroyé une souplesse pour les soignants ultramarins, assurant que l'obligation vaccinale prendrait effet quand la situation sanitaire s’améliorerait dans ces territoires. Mais qu’elle serait maintenue.


(SOURCE) : 20minutes.fr LIRE L'ARTICLE COMPLET



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