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Le Danemark entend conditionner l'aide sociale aux immigrés à l'exercice d'une activité

Alors que le pays manque de travailleurs, six femmes sur dix issues de l'immigration sont au chômage, affirme la première ministre Mette Frederiksen.

Image d'illustration

Par : Paul Sugy /

Conspués par la gauche européenne, les sociaux-démocrates danois poursuivent depuis plusieurs années déjà une politique résolument tournée vers la réduction des flux migratoires - au point que la première ministre, Mette Frederiksen, est de plus en plus fréquemment comparée à son homologue hongrois Viktor Orban. Le pays scandinave estime qu'il joue là sa survie : tenants d'un modèle social très généreux, les Danois redoutent que cette protection soit menacée par une ouverture déraisonnable. Et surtout craignent, plus que tout, l'installation d'un chômage de masse qui porterait un coup fatal à leur État-providence.

Ainsi la majorité au pouvoir entend-elle corréler le versement de l'aide sociale aux immigrés à l'exercice d'une activité de 37 heures par semaine afin de les inciter à s'intégrer. «Nous voulons introduire une nouvelle logique de travail où les gens ont le devoir de contribuer et d'être utiles, et s'ils ne peuvent pas trouver un emploi régulier, ils doivent travailler pour leur allocation», a détaillé la première ministre lors d'une conférence de presse. Poursuivant : «Pendant trop d'années, nous avons rendu un faux service à un grand nombre de personnes en ne leur imposant rien».

Le pays est décrit par de nombreux observateurs comme étant en situation de pénurie de travailleurs.

Dans son projet, «le Danemark peut en faire plus», le gouvernement en place depuis juin 2019 note que six femmes sur dix originaires du Maghreb, de Turquie et du Moyen-Orient sont en dehors du marché du travail danois. Cela alors même que le pays est décrit par de nombreux observateurs comme étant en situation de pénurie de travailleurs - un argument, du reste, fréquemment employés par les partisans d'une politique migratoire plus ouverte.

L'ambition est donc dans un premier temps d'intégrer 20.000 personnes en les poussant à trouver un emploi, par le truchement des communes. «Ce peut-être un travail à la plage pour ramasser des mégots de cigarettes ou du plastique (...) aider à résoudre diverses tâches au sein d'une entreprise», a évoqué le ministre de l'Emploi Peter Hummelgaard. «Le plus important pour nous est que les gens sortent de chez eux», qu'ils soient nouvellement arrivés ou bénéficiaires d'allocations depuis longtemps, a-t-il insisté.

L'immigration au coeur des préoccupations des Danois

Avec le climat, qui était la préoccupation principale des électeurs lors des dernières législatives en 2019, les questions migratoires et l'intégration sont des sujets au cœur des préoccupations politiques du pays. En début d'année, Mette Frederiksen avait énoncé un objectif de zéro demandes d'asile, déjà tombées à un niveau très faible - 851 entre le 1er janvier et le 31 juillet. Et en juin, la dirigeante avait annoncé que ces demandes seraient désormais traitées à des pays tiers, en dehors de l'Europe, en échange d'une aide financière versée à ces pays de départ. Cette mesure était jusque-là une première en Europe. Parmi les pays contactés à cette fin par le gouvernement figuraient notamment l'Égypte, la Tunisie ou le Rwanda.

« Le débat sur l'intégration des étrangers au Danemark a pris de l'ampleur à partir des années 1990. »

Silvia Adamo

D'après l'institut statistique national, qui contrairement à la France est davantage habitué à recenser les origines de la population nationale, 11 % des 5,8 millions d'habitants du Danemark sont étrangers, dont 58 % de citoyens d'un pays classé par Copenhague comme «non-occidental». Ce qui reste très inférieur aux autres pays scandinaves (19,5 % d'immigrés en Suède, selon l'OCDE).

D'après l'institut statistique national, qui contrairement à la France est davantage habitué à recenser les origines de la population nationale, 11 % des 5,8 millions d'habitants du Danemark sont étrangers, dont 58 % de citoyens d'un pays classé par Copenhague comme «non-occidental». Ce qui reste très inférieur aux autres pays scandinaves (19,5 % d'immigrés en Suède, selon l'OCDE).

Mais compte tenu du niveau très élevé de protection sociale au Danemark, il s'est développé dans le pays depuis les années 90 un renouveau de la conscience nationale, comme si cette générosité de l'État devait s'accompagner d'une adhésion renforcée de la population à un projet national. Ce qu'observe par exemple la chercheuse Silvia Adamo, auteur d'une étude sur la protection sociale danoise : «Le débat sur l'intégration des étrangers au Danemark a pris de l'ampleur à partir des années 1990, lorsque, après un changement de gouvernement en 1993, une série de commissions ont révélé que les étrangers étaient un groupe particulièrement vulnérable. Les résultats des enquêtes indiquaient que les cas de chômage et de faible niveau d'éducation étaient plus fréquents chez les étrangers que chez les Danois. Les étrangers vivaient isolés dans des groupes et des quartiers marginalisés, séparés du reste de la société danoise et l'appartenance ethnique commençait à devenir une barrière entre les étrangers et les citoyens danois».

Le tour de vis apporté par les Danois à la politique migratoire de leur pays pourrait être imité ailleurs en Europe. Déjà parce que la politique extérieure de l'Union semble se rapprocher des décisions danoises : l'accord conclu avec Erdogan pour que les migrants aux portes de l'Europe soient retenus en Turquie et ne franchissent pas la frontière en est une illustration. L'Italie a entamé des tractations dans ce sens avec la Tunisie.


(SOURCE) : lefigaro.fr LIRE L'ARTICLE COMPLET



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