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Vaccination : Ce que cache le chiffre de 50 millions de primo-vaccinés contre le coronavirus

La France compte une couverture vaccinale très importante, mais encore limitée sur les publics les plus fragiles

Image d'illustration

Par : Jean-Loup Delmas / 20minutes.fr

  1. Dans quelques jours, la France atteindra les 50 millions de premières doses injectées à sa population.
  2. Malgré ce nombre impressionnant, deux millions de Français fragiles n’ont toujours pas reçu la moindre dose.
  3. La politique du chiffre en France montre-t-elle ses limites ?

Dans quelques jours, la France devrait passer le cap historique des 50 millions de Français primo-vaccinés contre le coronavirus, objectif que s’était fixé le gouvernement pour la fin août. Côté verre à moitié plein, cela signifie que 72,6 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 84,4 % de la population éligible, des chiffres difficilement envisageables avant le pass sanitaire. Rappelons que l’objectif initial du gouvernement était de 40 millions de primo-vaccinés pour la fin de l’été, avant de viser dix millions de plus devant l’emballement vaccinal après le 12 juillet et l’allocution d’Emmanuel Macron.

Les esprits chagrins pourront dire que la mission est finalisée avec plusieurs jours de retard, mais le verre à moitié vide se trouve ailleurs : 11,2 % des plus de 75 ans ne sont pas vaccinés, tout comme 8,8 % des 60-74 ans. Un taux très important, quand certains pays, comme l’Espagne ou la Belgique, avoisinent les 100 % de publics fragiles vaccinés. Environ 15 % des malades chroniques (cancer, diabète, obésité, hypertension) ne sont pas non plus vaccinés, selon le dernier décompte de l’Assurance maladie arrêté au 22 août. « Deux millions de Français âgés et malades » sont « la priorité des priorités », a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran la semaine dernière, quand le Conseil scientifique a indiqué dans sa dernière note du 27 août que « l’enjeu majeur de la rentrée est la poursuite active de la vaccination en allant vers les populations en hésitation vaccinale en particulier pour les plus de 60 ans, les sujets à risque et les populations économiquement défavorisées ».

La politique du chiffre

Si les données « brutes » de la vaccination en France sont bonnes, elles cachent donc en réalité des manquements significatifs. La France paie quelque peu sa politique du chiffre. En se fixant des objectifs uniquement en nombre de vaccinés, l’exécutif s’est lancé dans une course au nombre au lieu de cibler les populations fragiles. Certes, ces dernières furent prioritaires, mais à chaque fois qu’un début de ralentissement était perceptible chez ces populations, le gouvernement ouvrait la vaccination à d’autres catégories d’âge, afin de profiter de l’appel d’air des nouveaux arrivants pour écouler rapidement les doses, au lieu d’aller chercher les récalcitrants des catégories les plus prioritaires.

Ainsi la vaccination pour l’ensemble des personnes avec des comorbidités, celle des personnes à l’IMC > 30, celle des personnes de moins de 50 ans, et celle des 12-18 ans furent à chaque fois ouvertes en avance sur le calendrier vaccinal prévu. « Comme on a commencé par une vaccination bien plus lente que dans la plupart des autres pays, il est arrivé un moment où il était important de faire du chiffre, pour le jeu des comparaisons », note Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie. Victoire est désormais faite, puisque la France possède même une meilleure couverture vaccinale que le Royaume-Uni érigé pendant longtemps en modèle, mais « la différence avec eux par exemple, c’est qu’ils ont attendu un certain pourcentage de vaccinés chez les personnes fragiles avant d’ouvrir la population aux jeunes », poursuit Eric Billy.

Politique du chiffre mais également du moindre investissement. Ouvrir la vaccination à la jeunesse, « c’est plus simple à mettre en place. Il suffit d’ouvrir des grands centres vaccinaux et les jeunes savent réserver sur Internet, prendre rendez-vous, s’y déplacer », liste Eric Billy. Tout l’inverse des personnes âgées, forcément peu mobiles et bien moins à l’aise sur Internet. Ce qui explique pourquoi par exemple les 18-24 ont quasiment le même pourcentage de vaccination que les plus de 80 ans.

Des conséquences délétères

Aller chercher les personnes âgées et fragiles, cela va demander « plus de temps, d’investissement, et de ressource. Il ne s’agit plus de les amener au vaccin, mais d’emmener le vaccin à elles », note l’épidémiologiste Antoine Flahault, qui prend l’exemple de l’Espagne, qui affiche 99 % de personnes fragiles vaccinées grâce à une politique très volontariste allant les chercher parfois directement à leur domicile.

Pas question pour autant d’opposer vaccination de masse et vaccination des fragiles « les deux sont nécessaires et la France peut être contente de sa couverture vaccinale populationnelle, dont certains pays pourraient bien s’inspirer, tout comme elle devrait s’inspirer de certaines politiques spécifiques pour les personnes fragiles », nuance l’épidémiologiste. Si le pass sanitaire fut un immense succès pour la vaccination des jeunes, il montre ses limites chez les séniors, peu concernés par les bars ou les salles de sport : « Tous les efforts n’ont pas été faits pour aller les chercher », déplore-t-il.

Pour Eric Billy, il n’y a de toute façon pas le choix : « 11 % des plus de 75 ans non-vaccinés, cela va faire un carnage avec le variant Delta​ ». Il aurait fallu pour le chercheur régler ces cas avant la fin août et la probable reprise épidémique due à la rentrée. Mais il n’est jamais trop tard pour agir, et la France peut encore se pencher sur ces pourcentages défectueux chez les fragiles et un changement de politique envers ces populations.


(SOURCE) : 20minutes.fr LIRE L'ARTICLE COMPLET



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